Les chroniques d’un Artiste


Je rêve éveillé et plane, je flotte (même en bas) et mes discours sont fleuris de métaphores, je vis de choses simples; l’amour et l’eau fraîche me suffisent. Je peins, j’écris, je dessine, je sculpte, dans mon monde je suis seul même accompagné. Je me tourmente  et dans le fond les autres ont raison, je dois avoir un pet au casque. Paradoxal et excessif sont de mes symptômes. Discret mais exubérant, insignifiant mais perspicace et provocateur à souhait, disons je suis un Artiste.

Ne me le dites pas mais des comme moi y’en a plein, nous sommes de ces gens suffisamment sensibles pour voir qui éprouvent et s’évertuent à décortiquer ce que tout le monde vit sans s’interroger. Des prises de têtes en puissance, nous sommes de ceux qui aimeraient savoir lequel de la poule ou de l’œuf, nous voyons ce qui est sous-jacent et sentons ce qui est inodore donc les gens qui ont le nez bouché et des peaux de phoques devant les yeux ne nous pigent pas. Seule la fatigue peut me cerner.

En quelques mots, un artiste maîtrise un métier grâce à des habiletés et des connaissances techniques, se sentant obligé d’ajouter créativité, poésie et originalité à son travail. Il a du mal avec la médiocrité et la banalité et ses œuvres sont source d’émotions et de sentiments. Elles doivent avoir une portée. Il peut passer pour quelqu’un de marginal, oisif, rêveur n’ayant pas le sens des réalités, ni des règles. De nature rebelle, il se plie peu à l’autorité et doit faire gaffe à ne pas devenir fou lorsqu’il va trop loin. Il se donne à 100% et conserve son idée de la perfection coûte que coûte, même le pognon ne le ferait pas changer d’avis. Quoi que…

L’artiste inspire la mode en plus de parfois la subir, pas forcement en vogue ni dans l’air du temps, son art se veut intemporel. Il est souvent précaire quand il n’est pas raté, timide et pudique, le complimenter c’est le faire frissonner et l’acclamer c’est le faire jouir. Il crée, invente, réinvente et se renouvelle; constamment en état d’éveil, pour lui tout est sujet à poésie même les fleurs, surtout les fleurs.

De légers moments d’absence où il s’imprègne telle une éponge et se charge telle une burne de matelot jusqu’à ce que la pression soit telle qu’il lui est vital de s’exprimer. Soumis aux aléas, il craint la descente quand il est professionnel et pense monter toute sa vie lorsqu’il est amateur. Il hait le matérialisme tant qu’il a pas les moyens et craint le commerce qui, trop grossier et trop bruyant, pourrait l’altérer. Son travail tient d’un subtil équilibre d’échanges entre entre son propre monde et celui qui l’entoure.

Original et unique, avoisinant la folie avec finesse et légèreté, facétieux, il utilise des mensonges pour dire la vérité. Sans le tourment ni le pet au casque, il produirait peut être de la daube en boite à qui l’on reprocherait d’être trop fade. Condamné à la critique, il puise son inspiration dans la réalité. Pour lui, les règles sont contournables et c’est bien pour cela qu’il les contourne.

Marginal, rebelle, audacieux, perfectionniste, stimulant, hypersensible, créateur, entrepreneur, sans ces oiseaux, la vie, dans un sens, perdrait de son rêve, comme une nuit sans l’ours de Nicolas et Pimprenelle. D’ailleurs, on peut reconnaître en chacun de nous qu’un artiste étouffé, refoulé, endormi ou en devenir n’a besoin que d’une pichenette pour s’exprimer.

Gary.

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