Les chroniques d’un Rapace


Rapace est un terme désormais ambigu désignant en français des oiseaux carnivores, au bec crochu et tranchant,  possédant des serres. Ils ont généralement une vue remarquable, et pour certaines espèces ont, chose peu commune pour les oiseaux, un bon odorat. Leurs ressemblances sont de bons exemples de convergences évolutives. Il se distingue deux types de rapace, les diurnes vivant le jour et les nocturnes, vous m’avez compris.

Grands chefs majestueux et redoutables aux griffes puissantes et acérées, les aigles surplombent la chaîne alimentaire et évoluent aux altitudes les plus élevées. En dessous, plus petites, plus mobiles et parfois plus agressives, il y a les buses ou chefaillons au bec et aux serres faibles. Les chouettes sont de chouettes prédateurs nocturnes sans oreilles répétant d’inlassables ‘’houhou’’ jusqu’à ce qu’elles vous réveillent.

Puis il y a l’épervier pioupi et l’épervier paoupa, les faucons et les vrais, les petits moyens et grands ducs, les hiboux, choux, genoux cailloux et pour finir nos hideux mais incontournables amis les vautours, célèbres charognards au long coup prêts à bondir sur tout ce qui traîne y compris les petits fours. Surtout les petits fours.

J’ai des plumes je déplume, une acuité visuelle hors norme et verrouillée sur tout ce qui bougeait, bouge ou bougera, un nez crochu pour flairer les bons coups, mulots, souris, tout est bon. Des réflexes à faire pâlir un pongiste, une tête dont l’amplitude rotative excède les 180° pour choper ce qui est derrière, de longues pattes écaillées aux serres servant à saisir sans céder, une envergure variable selon l’espèce, j’évolue à des sphères d’altitudes variables selon l’espèce. Je surplombe mes proies telle une faucheuse ailée et fond sur elles à la vitesse d’une balle filetée, c’est à peine si elles ont le temps de s’échapper.

Fin prédateur sans scrupules, je ne fais qu’appliquer les lois de la nature, la morale c’est pour les cours de philo, les proies n’ont pas eu la chance d’atterrir dans le bon camp, dans la vie il y a les mangeurs et les mangés. J’arpente mon territoire et en connais ses détails par coeur, t’y aventurer ne serait pas judicieux, mes poches sont ouvertes de telle manière que le moindre de tes mouvements ne fera que les remplir. Mes libertés s’arrêtent ou commencent celles des autres mais ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi est négociable. Je prends ce qui me revient de droit, soit le monde et tout ce qu’il y a dedans.

On me prête des caractéristiques communes avec l’espèce humaine ou est-ce l’inverse. Opportuniste, pince, pingre, rat, râpe, radin, comme tu veux, ami du blé je kiffe les radis, l’oseille est mon envie et la caillasse une lubie. Le bruit de deux pièces l’une sur l’autre provoque en moi ce sourire cupide et niaiseux, les billets sont mes tickets pour le nirvana et la CB un accès à tous les plaisirs. L’argent fait le bonheur, il faudrait être bête pour se rendre malheureux.

Chez l’homme, je suis représenté dans l’ensemble de la chaîne alimentaire, finances, impôts, immobilier, pub et BTP, sans oublier les métiers de bouche, du soin et de l’enseignement. Nous sommes indispensables au roulement de l’écosystème. A l’inverse des oiseaux, l’habit ne fait pas le moine, nous sommes trahis par nos actes. Mais oublie tout çà et vient donc te restaurer à la maison, j’en ai fait pour huit mais il y en a pour dix. En revanche, tu es prié de ne pas parler en mangeant car chez moi on ne cause pas, non on ne cause pas, on compte.

Gary.

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