Les chroniques d’un Busy


Lire cette chronique prendrait trop de mon temps si précieux, alors tu peux toujours monter là-dessus pour que je l’écrive. Non je n’ai pas le temps, je cours sans cesse et mon agenda est overbooked, j’ai des rendez-vous tous les jours de la semaine, mes soirées sont réservées pour les restaurants et les parties dans les night clubs. Quant à mes week-end, laisse tomber, te consacrer deux minutes ferait de toi quelqu’un d’important. Odieux et imbu je passe le plus clair de mon temps avec des gens qui pensent que ‘’occupé’’ rime avec ‘’désirable’’ et ‘’rare’’ avec ‘’intéressant’’. Je ne te laisse qu’une seule minute pour cette chronique car pauvre de toi, je suis Busy.

Partout et nul part à la fois, mes quatre doigts sur le clavier du computer pour communiquer en réseau sur Myspace et Msn, quatre de plus pour entretenir mon Blog des plus belles photos de moi même, j’utilise les deux qu’il me reste pour envoyer des textos à mes amis et ceux qui le deviendront. Je suis sur facebook, Twitter et Viadeo en même temps, mon réseau c’est ma vie, partout je suis, nul part on peut me joindre.

J’ai coutume de fréquenter des sites où je fais trois fois plus de rencontres qu’à l’époque de mes parents en trois fois moins de temps et pour me sentir trois fois plus seul. C’est notre époque, entretenir un individualisme et un égotisme exacerbés sur fond de socialisation hypocrite. L’ère de la toile planétaire ou tout le monde laisse de quoi stimuler le voyeurisme et la libido de ses semblables, prenant le temps de regarder les autres pour ajuster et entretenir son avancement personnel.

Mes journées commencent lundi matin 8h et s’achèvent vendredi 20h avant que ne débutent des week-ends aussi chargés qu’une Teq Paf de militaire. Soirées, restaurants, matchs, jeux et papotes médisantes, j’accepte tout, je suis partant pour tout, j’aime la vie, les faux bons et sème autant de joie que de lapins. Qu’es-ce que vous voulez ? L’hypoactivité c’est la déprime, si tu stagnes t’es hors course, si t’es hors course t’es seul et quand t’es seul tu crèves. J’ai pas envie de crever.

Une main sur la souris, l’autre au téléphone, ma tête est aux obligations, mes pensées aux chimères, mes lèvres sur un cone chocolat menthe, mon cœur bat pour celle que j’aime et mon regard porté sur les fesses de la voisine. Mon corps est ici et au moment où je te parle, je gère des milliers de contacts de part le monde et les informe régulièrement des aléas de ma vie aussi excitante qu’un sitcom cambodgien, sous titré portugais.

Oui je fonce et m’abruti, je me lasse à la vitesse où souffle le vent mais je m’en moque car je suis condamné à l’hyperactivité, sentir cette adrénaline qui est la seule à vous supporter et ne laisser dans mon sillage que sourires figés niaiseux et paroles complaisantes. Ceci est gage d’une progression sociale sans embûches. De toute manière, on ne prendra pas la peine de savoir si je suis quelqu’un de volage ou d’aussi fiable qu’une 2CV sous la neige.

Je suis un papillon qui ne fait escale que pour anticiper la suivante, je vis dans une époque où il est coutume, toléré et préférable d’être ainsi, j’avance à l’allure générale si ce n’est plus vite car je ne veux pas louper une miette de ce que la hâte et la précipitation me feront finalement oublier.

Gary.

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