Les chroniques d’un Fêtard


Loque imbibée, superficielle, sourire figé, lunettes Ray Ban opaques vissées sur la tête façon Top conne, j’existe aussi en modèle homme. Avide de strass et paillettes, de musiques dénuées de lyrics et de boissons plus sucrées qu’une canne, je dors le jour et vis la nuit. Chez moi les semaines commencent le jeudi soir pour s’achever le dimanche, les apéros sont mes raisons d’être, mes soirées commencent l’après midi et c’est une fois passé les 6h du mat qu’il  se fait tard, je suis un Fêtard.

Jean slim Mika style, les mocassins du cap’tain crochet, lunettes plastiques colorées et coupe funny, funky, fow, je kiffe la vibe. Une bise aux videurs, je ne paye pas l’entrée c’est pour les blaireaux et les chacaux, une tape sur le cul de la serveuse, je check le barman avant de rejoindre le carré VIP où m’attendent champagne et putes à gogo. Dans mes poches, caillasse, kiss cool, capotes et gel pour diversifier les plaisirs si affinité. Ce soir, promis je ne douille pas à perte et rentre avec la femme de mes rêves.

De quoi repeindre la chapelle Sixtine avec mon fond de teint, lunettes fumées, boucles de chez FHM, ricil Des Mecs Up, clopes dans le soutif, les talons hauts serrent mes doigts de pieds gonflés et rougis tels des Knacki ball, une jupe raz la raie, les gars adorent mater mon boule et c’est cool. J’ai dans mon sac à main de quoi intéresser la dizaine de copines qui m’accompagne dans les toilettes, ce soir c’est dit, je ne tombe pas sur un gros débile dont il sera impossible de se débarrasser.

Elle me regarde c’est sûr, je porte ma plus belle chemise et le col relevé, c’est imparable. Qu’est-ce qu’il a ce blaireau à me fixer, on leur a fait un prix de groupe sur les chemises pour qu’ils portent tous la même ? Elle fait sa prude mais crève d’envie de me rencontrer, si je n’y vais pas je suis un blaireau. Il insiste, si je détourne le regard il va penser que je fais ma prude et sinon il va croire en une ouverture. Elle me fixe ça veut tout dire, chez une femme il n’y a pas d’interprétations. Je ne lui donne pas dix minutes avant qu’il vienne me saouler. Vas-y Jeannot attaque ! Qu’est-ce que je disais.

Salut. Salut. Tu vas bien ? Et toi ? Comment tu t’appelles? Et toi ? Tu n’as pas envie de parler ? Si. Tu es toute seule ? Si, avec des copines. Je m’appelle Jean mais tu peux m’appeler Steph. Et moi pas mais tu peux m’appeler quand même. Tu fais quoi quand même? Je t’écoute et toi ? Je t’entends mal, la musique est forte. Quoi ? Je te trouve pas mal mais un peu forte. Je croyais que t’étais relou mais ça va. Hein ? Deux, je suis bien debout mais pourquoi pas. Je suis VIP, tu veux t’asseoir ? Comment tu me trouves ? En te cherchant. Mes chaussures me font mal. Tu n’es pas mal non plus. Tu as les boules ? Nan des Knacki boules. J’ai des clopes, tu veux tirer ? Tirer un coup ? Un coup’ de champagne. On danse ?

Ainsi les corps ivres de nos deux fêtards se retrouvent sur le dancefloor puis s’entrelacent sur fond de Techno House, l’un devra délicatement dissimuler son érection pendant que l’autre fera mine de ne pas la sentir, un taux d’alcoolémie suffisant pour ne pas découvrir les haleines putrides de nos jeunes tourtereaux. Un éclairage tamisé pour cacher les auréoles et tétons qui pointent, un coup d’œil pour s’assurer d’embrasser le bon partenaire alors que les bouches s’échangent les dernières bulles de champagne. La soirée connaît son apogée avant que chacun ne retrouve sa citrouille, ses esprits et sache si il a trouvé chaussure à son pied.

Gary.

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